02.12.2008
Il a pris la France et ne sait qu'en faire
" Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé".
A la lecture d'un tel texte, on ne peut plus douter du fait que Victor HUGO était un visionnaire !
A coup sûr, il a initié l'esprit radical que nos illustres prédécesseurs ont commencé de codifier, alors que le géant de la littérature française était encore de ce monde.
N'oublions pas que dans son legs, Hugo a spécifié qu'il faisait don de sa bibliothèque à la Bibliothèque Nationale, qui devait - selon lui - devenir un jour la bibliothèque des états unis de l'Europe.
Avec la sagesse et l'expérience politique, il serait aujourd'hui Radical de Gauche ! Bon, je sais : j'exagère. Et l'on peut considérer comme malhonnête de faire parler les morts ou de s'approprier leur pensée à titre posthume.
Mais toute ressemblance avec une persionne existante ou ayant existé ne saurait qu'être fortuite.
Il n'en reste pas moins que les visiteurs de notre site auront pu, un instant, être abusés. Comme quoi le "petit Nicolas" est un peu une résurgence de "Napoléon le Petit".
Merci à Jean-Joël, Belfortain de naissance et actuel résident du Haut-Rhin, de nous avoir fait parvenir cet extrait.
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