25.07.2008

J.M. BAYLET répond aux accusations socialistes

Le Parisien, le 24 Juillet 2008.
« Nous ne sommes pas les esclaves du PS »

IMGP2182.JPGJean-Michel Baylet, président des Radicaux de gauche, répond avec virulence aux critiques des socialistes. Le PS accuse en effet le PRG d’avoir marchandé avec l’Elysée son vote favorable à la réforme de la Constitution lundi.
La plupart des dix huit parlementaires des Radicaux de gauche, suivant la consigne de leur patron Jean-Michel Baylet ont apporté leur soutien lundi au Congrès de Versailles à la réforme des institutions; ce qui leur vaut les foudres des socialistes. Le président du PRG s’explique.

- Le PS vous accuse de trahison pour avoir voté la réforme des institutions de Nicolas Sarkozy…


Jean-Michel Baylet : « Ce sont des mots d’une grande violence et qui ne reposent sur rien. Nous avons voté selon nos convictions. Si c’était à refaire, les Radicaux le referaient, car c’est notre conception de la vie publique. Quand on est pour, on vote pour et quand on est contre on vote contre. S’il faut s’opposer par principe on ne trouvera pas les Radicaux. Nous sommes pour une vie politique civilisée et non pour l’opposition systématique. Et quand je lis la tribune des quatre députés, qui étaient pour et ont voté contre, je préfère la position des Radicaux, digne et courageuse, que ces danses de Saint-Guy. Ce n’est pas comme cela qu’on battra Sarkozy ! »

« Un parti libre »

- Certains socialistes ont regretté les relents de IVe République au Congrès de Versailles avec un petit parti charnière le vôtre qui fait l’élection…

JMB : « Ça montre bien dans quelle estime le PS tient ses alliés! Certes, nous sommes un parti minoritaire comme d’autres à gauche, mais indispensables pour remporter la victoire. Le PS a depuis toujours deux rêves : le premier est de laminer ses alliés, il y est en partie parvenu ; le second, c’est d’arriver à faire 50% tout seul ! Il en est bien loin. Nous sommes un parti libre, indépendant et je n’ accepte pas que le PS juge nos décisions et se permette de tenir de tels propos. »


- Le PS menace de ne pas reconduire les alliances électorales. Souhaitez-vous de votre coté, rester un allié du PS aux élections ?



JMB : « Nous avons un accord pour les sénatoriales, j’entends qu’il soit respecté. Moi je n’ai jamais remis en cause nos alliances. Bien naturellement nous sommes un parti de gauche opposant à Nicolas Sarkozy. Mais nous entendons que les accords passés soient respectés. C’est un mot que les socialistes ont du mal à intégrer, le respect des autres. »

- Le PS n’est il pas en train de vous pousser dans les bras de Nicolas Sarkozy ?



JMB : « Si nous avions voulu aller chez Nicolas Sarkozy, il y a longtemps que nous l’aurions fait, car ce ne sont pas les occasions qui ont manqué ni les propositions. Les socialistes donnent des leçons mais quand je regarde le gouvernement de Sarkozy, il y a pas mal de socialistes et aucun radical.

- Ferez-vous des listes communes avec les Radicaux valoisiens aux élections européennes de 2009 ?


JMB : « Il n’est pas question pour nous de renier nos alliances. Encore faut-il construire des accords qui soient acceptables. Mais nous n’avons pas changé de cap, nous savons ou nous sommes. »


- Le président UMP de l’Assemblée, Bernard Accoyer, s’est dit hier très réticent à l’abaissement du seuil pour la constitution d’un groupe à l’Assemblée. Or Sarkozy avait promis cette mesure, que vous réclamezdepuis longtemps…



JMB : « Ça montre bien que nous n’avons rien négocié ! J’ai toujours dit que Nicolas Sarkozy était allé un peu vite en besogne, puisque ça ne dépend pas de lui, mais du règlement de l’Assemblée. Ce sont les méchancetés de quelques socialistes qui veulent absolument faire croire qu’on a négocié tout cela. »

- Allez-vous rencontrer François Hollande prochainement ?


JMB : « J’ai lu dans la presse avec étonnement que le PS veut une clarification. Moi, je n’ai rien à clarifier. Notre position, je l’ai prise en toute indépendance nous n’avons de comptes à rendre à personne, si ce n’est aux électeurs. »

- Vous étiez invité hier à l’Elysée pour fêter l’adoption de la réforme des institutions Pourquoi n’y êtes-vous pas allé ?


JMB : « Je ne me suis pas posé de la question une seconde, je n’appartiens pas à la majorité de Nicolas Sarkozy. Que voulez vous que j’aille faire à l’Elysée avec Nicolas Sarkozy ?… »

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