09.06.2008
Un candidat noir pour la Maison-Blanche
Question posée après la primaire démocrate des Etats-Unis et la désignation
de Barack OBAMA ielle des Etats-Unis :
en France, est-il possible qu'un candidat noir à la présidentielle soit élu?
PARIS, 9 juin 2008 (AFP) - L'éventualité de l'élection d'un président noir à la Maison Blanche, après l'investiture de Barack Obama, suscite fierté et espoir chez les personnalités noires françaises qui jugent cependant peu probable un tel scénario en France dans un avenir proche.
Premier noir investi dans la course à la présidence américaine, le sénateur démocrate de l'Illinois, 46 ans, pourrait battre le 4 novembre prochain le républicain John McCain, 71 ans.
Rama Yade, la secrétaire d'Etat chargée des Affaires Etrangères et des Droits de l'Homme, s'est réjouie d'une telle possibilité, soulignant au micro de la Radio Communauté Juive que "l'Amérique a souvent été en avance".
"J'ai envie de croire que c'est possible aussi en France, parce que le peuple Français est un peuple révolutionnaire par nature, par identité, et je crois qu'avec ce peuple là tout est possible", a-t-elle relevé,
rappelant qu'une femme noire, Christiane Taubira, a déjà été candidate à l'Elysée.
Pour Christiane Taubira, députée PRG de Guyane, que "cette société" américaine "qui passe son temps à s'installer en surplomb du monde" (...) "soit capable de dire qu'elle n'a aucun problème à être représentée par Obama, voire potentiellement dirigée par Obama, c'est le XXIe siècle!"
Pourtant, selon elle, ce scénario "n'est pas possible en France dans l'état actuel des choses". "Pas à cause des Français qui seraient très contents de vivre une pareille aventure, mais parce que, confie Mme
Taubira, je ne vois pas un grand parti dans ce pays capable de s'aligner derrière un Obama français, homme ou femme".
"L'éventualité qu'un Noir accède à la présidence en France est peu probable mais nous y travaillons", estime aussi le porte-parole du Conseil représentatif des associations noires (Cran), Louis-Georges Tin. François Durpaire, auteur avec Olivier Richomme de la première biographie en langue française du sénateur de l'Illinois, "L'Amérique de Barack Obama", est plus prudent: "On aurait posé la question" de la possibilité
d'un candidat noir à la présidence, "il y a quelques mois, aux Américains, ils auraient tous répondu non, mais les choses ont changé".
L'eurodéputé PS, Harlem Désir, souligne qu'"Obama représente un grand espoir pour l'Amérique". "Il a soulevé un enthousiasme, une énergie dans la jeunesse qui traditionnellement ne se mobilisait pas pour les
primaires", ajoute-t-il.
Un président noir en France ? "Cela sera possible un jour, mais je ne suis pas sûr qu'on en est déjà là", juge-t-il. "Pourtant la France a changé et l'élection de Nicolas Sarkozy en est la preuve, c'est un fils d'immigré,
avec un grand père juif, qui n'a pas de racines en province", commente-t-il.
Ancien adjoint à la mairie de Sarcelles (Val-d'Oise) lorsque le socialiste Dominique Strauss-Kahn en était le maire, Mohamed Fofana, 51 ans, voit dans la nomination d'Obama, "l'événement le plus important depuis la
libération de Nelson Mandela".
"Dans des villes comme Garges, Villiers-le-Bel ou Sarcelles où il y a 30% de noirs, la communauté noire est sans doute la moins structurée", affirme-t-il. "Mais on ne va plus se laisser faire, si on ne veut plus de
nous dans le cadre des listes républicaines nous allons nous inscrire dans une démarche communautariste. Ce que nous disions avant dans les coulisses, on va maintenant le dire publiquement: il faut un maire noir à
Sarcelles", ajoute M. Fofana.
23:48 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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